Les intervenants

Alain Badiou est né à Rabat en 1937. Agrégé de philosophie, il est professeur à Reims, à Paris VIII-Vincennes Saint-Denis puis à l’ENS de la rue d’Ulm où il a fondé un centre de recherches: le Centre International d’Etude de la Philosophie Française Contemporaine (CIEPFC). Depuis les années 60, la politique occupe une grande place dans sa réflexion philosophique. Co-fondateur du Collège international de philosophie, essayiste, romancier, penseur politique dérangeant et polémiste, passionné de mathématiques et de logique formelle, éditeur (collection Ouvertures chez Fayard), il est considéré dans le monde entier comme l’un des plus grands philosophes français vivants.


Cécile Beauvoir est née en 1967 à Clermont-Ferrand. Elle publie en 2002 son premier recueil de nouvelles, Envie d’amour, aux éditions de Minuit. Viendront ensuite Louise Lullin (roman, Arléa, 2003), Le chemisier (nouvelles, Arléa, 2004),  Avec toi (roman, Arléa, 2005), Pieds nus dans le jardin (nouvelles, Le temps qu’il fait, 2007) et Ce vieil air de blues (nouvelles brèves, Le temps qu’il fait, 2011).


Roland Favier, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, est professeur agrégé de philosophie, enseignant en classes préparatoires à Grenoble et à Valence. Il est un exceptionnel connaisseur d’Aristote et des philosophes les plus complexes du XX° siècle (Husserl, Heidegger, Wittgenstein, Derrida). Cette inquiétude philosophique authentique et puissante, très tournée vers l’étude du langage, lui permet d’innombrables perspectives vers la psychanalyse (Lacan) ou les philosophes de l’histoire et de la mémoire (Ricoeur, Fukuyama).


Les Machines se sont constituées en 2005 autour de l’activité d’ateliers d’écriture littéraire. C’est, pour cette association, la marque et la garantie d’une démarche artistique collective, et ambitieuse. Les propositions artistiques sont faites, quels que soient les publics, avec la même certitude, que la pratique de l’écriture participe à l’éveil de la conscience et à la découverte d’une dimension nouvelle de l’existence.


Andreï Makine, né en 1957 en Sibérie, jeune orphelin, est initié  très tôt au français par sa grand-mère. Professeur de philosophie à Novgorod, il devient en 1987 assistant de russe dans un lycée parisien. Il prend alors le statut de réfugié politique et malgré une vie très précaire écrit ses trois  premiers romans, dont Au temps du fleuve Amour et Le Testament français qui lui ouvre la notoriété du prix Goncourt. Il écrit toujours en français dans un style ample et très classique: « L’écriture c’est surtout une vision, dit-il. On écrit avec les yeux, pas avec la plume ».


Isabelle Mounier, comédienne et metteure en scène. Une formation plurielle à Paris et de signifiantes rencontres professionnelles sont décisives dans le choix de s’engager avec exigence et générosité dans le métier. En 1993 elle choisit de poursuivre son activité en dehors des grands pôles urbains. Elle sera à l’initiative d’un lieu de fabrique artistique, L’imprimerie. Elle a créé une vingtaine de spectacles atypiques où tous les arts se côtoient. Depuis quatre ans elle crée des formes théâtrales légères avec des musiciens où la voix, le rythme et l’écriture forment un espace vibrant fort et jubilant. Elle orchestre Voix au pupitre et dirige des formations autour de la lecture à voix haute.


Lorette Nobécourt est née à Paris en 1968. Après une éducation religieuse chez les Ursulines, des études de théâtre, de commerce et enfin de journalisme, elle choisit de se consacrer à l’écriture. Ses premiers romans évoquent sa difficulté de vivre. En 2002, elle part en résidence à la villa Médicis à Rome. Progressivement sa vie et son écriture vont vers plus de lumière et d’apaisement. « Lire, écrire, c’est coudre, un livre après l’autre, les morceaux d’une tunique fabuleuse, pour s’en aller, joyeux, vers sa propre mort. Cette laine de mots, c’est sur son propre dos que l’écrivain la tond ». Depuis 2007 elle vit dans la Drôme, pour se « rapprocher du silence et des arbres ».


Brigitte Prévost, musicienne et comédienne. Depuis 30 ans, à travers ses créations, elle cherche à tisser étroitement des liens entre le son, le mot et le jeu des matières et de l’espace. Elle aime faire feu de tout bois en matière artistique et va au devant des publics, là où ils se trouvent et quelque soit leur âge. En musique, ses jouets préférés, ce sont tous les tuyaux dans lesquels on souffle, dont la clarinette, mais aussi l’accordéon qui respire presque tout seul, et la voix bien sûr.


Anne Serre est née en 1963 à Bordeaux. A 10 ans elle perd sa mère et dit que ce fut un tel charivari qu’elle n’a aucun souvenir de ses dix premières années. Aucune image, aucun son ni odeur. Elle fait des études de Lettres à la Sorbonne mais renonce à enseigner et se consacre à l’écriture : Les gouvernantes, 1992 aux éditions Champ Vallon, Le cheval blanc d’Huffington  2002 et Les débutants, 2011 aux éditions Mercure de France. « Il me semble que mes livres mettent toujours en scène l’étrangeté qu’il y a à être écrivain, ce mélange de solitude, de pouvoir et d’incapacité.. » Elle vit à Paris, se tient aussi loin que possible de l’actualité et dit refuser toutes passions inutiles.


Anne Sibran est née en 1963 en France de parents Pieds-noirs fraîchement exilés, mère d’origine grecque, père d’origine irlandaise. Après des études d’ethnologie à Nanterre, elle se tourne vers l’écriture et la bande dessinée.  « J’aime les rebords, les terrains vagues, les quiproquos du regard, l’indéfini, l’imprécis, ce qui ne se laisse pas attraper. Ce qui me résiste, et me résiste encore après que j’ai tenté de l’écrire... j’ai appris le Quechua (langue indienne), une expérience bouleversante... Après une mission Stendhal en Bolivie, Pérou et Equateur, je suis partie habiter en Equateur, à Quito, d’où je pars régulièrement vivre dans des communautés indiennes... »


Pascale Félus, Sylvie Meunier et Beatrice Pécout participent à Voix au pupitre depuis cinq ans, atelier d’expression autour de la lecture à voix haute orchestrée par Isabelle Mounier.

"C'est par la voix que l'homme s'ouvre à lui-même et à l'autre".    Denis Vasse